C’est en 1993 que le Prix Plaidoyer-Victimes a été créé afin de souligner le travail accompli par une personne ou par un organisme dans le domaine de l’aide et de la reconnaissance des droits des victimes d’actes criminels. Il se veut un hommage à celles et ceux qui participent activement à humaniser les approches auprès des victimes et à développer une meilleure compréhension de leurs besoins et attentes.

2009 - Le Bouclier d’Athéna - Récipiendaire catégorie Organisme  

Le Bouclier d’Athéna Services familiaux est un organisme communautaire sans but lucratif dont la mission est d’offrir des services professionnels de soutien, d'intervention et de prévention culturellement et linguistiquement adaptés aux besoins des femmes victimes de violence familiale et leurs enfants ainsi qu'aux membres des communautés ethnoculturelles. L’organisme a développé une stratégie de sensibilisation multilingue afin d’informer et de sensibiliser les communautés ethnoculturelles sur les divers types d’abus, le cycle de la violence et ses répercussions, les procédures policières et judiciaires ainsi que les lois et ressources existantes pour les victimes.  

Le Boucler d’Athéna a été créé en 1991 grâce aux efforts de plusieurs femmes de la communauté grecque intéressées à découvrir si d’une part la communauté avait accès à de l’information sur la violence familiale et si, d’autre part, les victimes avaient accès aux services existants. C’est alors qu’une stratégie de conscientisation en langue maternelle a été développée avec pour objectif d’informer la communauté et les victimes sur la violence familiale et les ressources.  

Le Bouclier d’Athéna avait comme intention première d’informer. Or, cette stratégie s’avéra très efficace puisqu’elle a permis de rejoindre des personnes qui, habituellement n’auraient pas demandé d’aide. Aujourd’hui, le Bouclier offre une panoplie de services à partir de deux centres, un à Montréal et un à Laval. En 2004, le Bouclier ouvrait une maison d’hébergement où sont accueillis les femmes et les enfants victimes de violence. Actuellement, les deux centres de service à l’externe et la Maison d’Athéna offrent leurs services dans une douzaine de langues et le Bouclier a encore innové avec la mise en place d’une équipe d’interprètes culturels.  

Un ambitieux programme de sensibilisation a débuté en 1992 et a conduit à la production de 67 vidéos en plusieurs langues, détaillant les différents aspects de la violence familiale. Ces vidéos ont été largement diffusées dans la programmation régulière des canaux de télévision ethniques et visionnés lors de sessions d’information dispensées aux diverses communautés ethnoculturelles. Elles ont été produites en partenariat avec le Service de police de la Ville de Montréal, S.O.S. Violence conjugale ainsi que plusieurs organismes communautaires et maisons d’hébergement. Elles sont disponibles en 15 langues. Par ailleurs, deux messages d’intérêt public traduits en 16 langues, l’un portant sur la violence familiale et l’autre sur les agressions à caractère sexuel, ont également été produits et diffusés sur le réseau câblé tant au Québec qu’en Ontario.  

Grâce au programme de sensibilisation communautaire, le Bouclier d’Athéna rejoint entre 5 000 et 10 000 Québécois par année et estime que plus d’un demi million de Canadiens ont été informés sur la violence familiale depuis le début de la campagne.  


2009 - Louise Rajotte - Récipiendaire catégorie Individu  

Présidente fondatrice de la section AQDR Centre-du-Québec, Mme Louise Rajotte a fait preuve au cours des 20 dernières années d’un engagement sans faille dans la lutte contre les abus et l’exploitation commis à l’endroit des personnes aînées.  

Alors qu’elle siégeait au comité national de l’AQDR, elle a initié l’élaboration d’un comité provincial Abus AQDR, comité qui a été piloté pendant trois ans par la section AQDR Centre-du-Québec. Elle a collaboré au comité provisoire du Réseau québécois pour contrer les abus envers les aînés (RQCAA). Ses revendications ont fait d’elle la première intervenante sociale oeuvrant dans le réseau des services sociaux à faire reconnaître la problématique des abus envers les aînés au Québec. Par ailleurs, Mme Rajotte a participé au 1er Parlement intergénérationnel de septembre 2008, qui a permis l’adoption de la Charte intergénérationnelle qui révèle les aspirations communes des générations, la responsabilité collective et les préoccupations de développement durable pour l’avenir collectif.  

Par son audace, son courage et sa détermination, Mme Rajotte a su, malgré un financement déficient de la section AQDR Centre-du-Québec, non seulement maintenir les projets existants mais à en initier de nouveaux et à en assurer le suivi, en plus d’amorcer de nouveaux partenariats.  

Tout au long de son parcours, elle a promulgué le maintien des conditions de vie des aînés. Par son travail acharné, elle a fait en sorte que la section AQDR Centre-du-Québec se démarque en impliquant les bénévoles aînés qui, par leurs actions, assurent le maintien de leur rôle social dans la communauté. Par son approche stimulante, elle a su insuffler aux aînés une mobilisation afin de protéger et améliorer leur qualité de vie.


2004 - Deborah Trent

Le 28 octobre 2004, dans le cadre de son 4e colloque intitulé Les victimes d’actes criminels: agir dans le respect de la personne, l’Association québécoise Plaidoyer-Victimes remettait le Prix Plaidoyer-Victimes à Deborah Trent, fondatrice et directrice du Centre pour les victimes d’agression sexuelle de Montréal. Le Centre offre services et assistance aux personnes adultes (femmes et hommes) victimes d’agression sexuelle, aux survivants-es d’abus sexuels et d’inceste ainsi qu’à leurs proches. Le Prix se veut un hommage et un témoignage de reconnaissance envers l’engagement et le dévouement inlassables dont Mme Trent a fait preuve auprès des personnes victimes d’agression sexuelle. Dans la réalisation de sa mission, elle a, au fil des ans, porté les chapeaux de gestionnaire, clinicienne, conseillère, superviseure, formatrice et porte-parole du Centre. Sa passion pour la cause des victimes, tout comme sa détermination à leur offrir des services professionnels et de qualité, ne se sont jamais démenties. Elle a su créer un havre de paix pour ces personnes, qui obtiennent gratuitement une aide et une écoute inconditionnelles. Deborah Trent a reçu une œuvre d’art réalisée par Me Christine Viens, avocate et artiste-peintre. Mme Viens a collaboré à l’élaboration de la Loi et a mis sur pied le Bureau d’aide aux victimes d’actes criminels (BAVAC), de même que le réseau des CAVAC.


2000 - Patricia Rossi  

C’est lors du Xe Symposium international de victimologie en août 2000 que Patricia Rossi a reçu cet honneur, afin de souligner la qualité de son engagement auprès des femmes victimes de violence conjugale et sa contribution exceptionnelle à l’avancement de la cause des femmes victimes. Au-delà de la pratique quotidienne de sa profession, elle s'est investie de coeur et d'esprit au service des femmes victimes de violence. En reconnaissance de sa compétence, de son éthique et de son rayonnement, Mme Rossi a reçu une sculpture offerte par la Fédération des Coopératives du Nouveau-Québec représentant SEDNA, déesse de la mer, créée par l'artiste Lucassie Kenuajuak de Powungnituk.  


1996 - La Société de Bien-Être Kitcisakik  

Fondée au début des années 1980, la Société de Bien-Être Kitcisakik a crée une équipe de santé communautaire composée d’Autochtones, d’allochtones, de professionnels et de bénévoles qui a consacré efforts et énergies à l’amélioration de la qualité de vie de ses membres. Par l’éducation et la multiplication d’ateliers portant notamment sur la violence familiale, sur l’abus de drogues et d’alcool et sur la prévention du suicide, Kitcisakik a su vaincre maintes résistances et est devenue une source d’inspiration pour les autres communautés autochtones. Le 7 novembre 1996, l'Association lui a décerné le Prix Plaidoyer-Victimes. Mmes Monic Sioui et Catherine Anichinapéo, représentantes de la Société, ont reçu la gravure Le guérisseur de voyelles offerte par l'artiste Richard Séguin.  


1993 - Micheline Baril  

Micheline Baril, présidente-fondatrice de l'Association québécoise Plaidoyer-Victimes, a été professeure à l'École de criminologie et chercheure au Centre international de criminologie comparée de l'Université de Montréal de 1981 à 1993, année de son décès. Micheline Baril s'est engagée à fond dans le dossier des victimes et elle a réussi à leur donner une voix. Par son engagement, sa persévérance, l'influence qu'elle a exercée, cette pionnière a largement contribué au développement de la victimologie au Québec.  

 

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