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L'Association québécoise Plaidoyer-Victimes
Une association au service des victimes d'actes criminels

En 1982, Micheline Baril, alors chercheure au Centre international de criminologie comparée et professeure à l’École de criminologie de l’Université de Montréal, réunit quelques personnes qui partagent ses préoccupations face aux besoins des victimes et des témoins d’actes criminels, à leur accessibilité à des services de qualité et à leur accueil au sein du système de justice. Réalisant l’ampleur du travail à accomplir, Micheline Baril crée le Comité d’assistance aux victimes qui se lance dans un plan d’action ambitieux: promouvoir des services pour les victimes, mobiliser et sensibiliser les intervenants et les dirigeants.

Les lacunes à combler sont criantes mais un constat s'impose rapidement: il faut travailler en collaboration plus étroite avec tous les organismes et les professionnels intéressés par la question des victimes et ce, dans toutes les régions du Québec. Le Comité élargit ainsi son mandat, et la défense des droits des victimes de même que la concertation entre les différents organismes s’inscrivent désormais dans ses priorités de travail. Ce virage allait donner naissance à l'Association québécoise Plaidoyer-Victimes qui s’incorpore en 1984, et devient un organisme à vocation provinciale. La même année, l’Association met sur pied le premier centre d'aide aux victimes (AVI) au Québec. À cette époque, les organismes d’aide disposent de peu de ressources et travaillent la plupart du temps dans l’isolement. Beaucoup d’efforts sont déployés pour les appuyer dans leurs recherches de financement, pour élaborer des programmes et des services spécialisés à l’intention des victimes, pour consolider les liens et diversifier les partenariats.

Plaidoyer-Victimes soutient également le développement du réseau des centres d’aide aux victimes d’actes criminels (le réseau des CAVAC) en participant aux tournées de consultation du ministre de la Justice du Québec et en soumettant de nombreuses propositions dans le cadre de l’étude de la Loi sur les victimes d’actes criminels (1988).

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Promouvoir et défendre les droits des victimes

Plaidoyer-Victimes s'est fait le défenseur des droits et des intérêts des victimes d'actes criminels auprès des instances politiques, tant au Québec qu'au Canada. Par ses représentations et son action militante, l'Association a contribué à l’amélioration des politiques, des législations et des pratiques dans plusieurs sphères d’intervention.

Au début des années 1980, Micheline Baril a eu le privilège de participer aux réunions préparatoires à l’adoption de la Déclaration des principes fondamentaux de justice relatifs aux victimes de la criminalité et aux victimes d'abus de pouvoir de l'Organisation des Nations Unies (1985). S’inspirant de cette Déclaration, de nombreux pays entreprennent alors d’importantes réformes afin de mieux reconnaître les droits des victimes. Le Canada et le Québec emboîtent également le pas.

Plaidoyer-Victimes a soumis des mémoires au ministère de la Justice du Québec concernant la Politique de soutien aux victimes d'actes criminels (1987), à la Commission parlementaire relativement au projet de Loi sur les amendements au Code criminel relatifs à la situation des victimes (1988) et au Comité permanent de la Justice et du Solliciteur général du Canada sur le projet de Loi régissant le système correctionnel, la mise en liberté sous condition et le maintien en incarcération et sur la création du bureau de l'enquêteur correctionnel (1992).

En novembre 1991, elle achemine 40 recommandations au ministère de la Justice du Québec touchant l'indemnisation et le traitement des victimes d'actes criminels. Elle représente les témoins, les victimes et leurs proches au sein de quatre tables de délibérations lors du Sommet de la Justice tenu en 1992. Dans la foulée de cet événement et en collaboration avec d'autres regroupements, elle soumet un mémoire proposant plusieurs modifications visant à bonifier la Loi sur l'aide et l'indemnisation des victimes d'actes criminels (1993). Plaidoyer-Victimes s'implique aussi dans le processus de révision de la Loi sur les jeunes contrevenants (1993). Plus récemment, elle acheminait un mémoire au ministère de la Sécurité publique du Québec dans le contexte de la révision de la Loi sur le système correctionnel du Québec (2002) et participait aux consultations particulières sur le projet de loi 109, Loi sur le Directeur des poursuites publiques, tenues par la Commission des institutions (2005).

Tant au Québec qu'au Canada, l’Association a donné la parole aux victimes sur maintes tribunes. Depuis 22 ans, plus de deux cents entrevues ont été accordées aux médias sur différentes questions concernant l'actualité judiciaire, les changements législatifs ou les politiques gouvernementales visant la reconnaissance des droits des victimes. Dans le cadre de colloques et conférences, Plaidoyer-Victimes a répondu à l’invitation de nombreux groupes et organismes pour faire entendre le point de vue des victimes dans des forums comme ceux de la Conférence des juges du Québec, de l’Association canadienne de justice pénale, du Service correctionnel du Canada, de la Commission nationale des libérations conditionnelles, du Centre de la politique concernant les victimes, du Comité permanent de la justice, des droits de la personne, de la sécurité publique et de la protection civile, du Barreau du Québec et de l’Institut canadien d’administration de la justice.

Plaidoyer-Victimes a également créé des liens avec des partenaires de la communauté francophone à l’étranger et participé aux colloques de l’Institut national d’aide aux victimes et de médiation (INAVEM), du Forum européen d’aide aux victimes, de l’École nationale de la magistrature à Paris et de l’Université de Pau (France).

Cette participation à de multiples événements et sa visibilité à travers les médias constituent autant d’occasions pour influencer et mobiliser d’autres acteurs à la cause des victimes. Modifier les croyances et les pratiques du système de justice et des agences sociales à l’endroit des victimes, lutter contre leur marginalisation ou pour éviter qu’elles ne soient laissées-pour-compte: depuis sa fondation, l’Association n’a jamais perdu de vue ces objectifs. Ses mémoires, ses analyses et ses prises de position témoignent des questionnements mais aussi des avancées dans le champ de l’aide aux victimes. C’est un précieux héritage pour celles et ceux qui prendront la relève.

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Mettre l’épaule à la roue

Plaidoyer-Victimes fut également le maître d’œuvre de plusieurs projets favorisant une meilleure compréhension des préoccupations des victimes et l’adoption de réponses plus adaptées à leurs besoins, tant de la part du système de justice pénale que des organismes oeuvrant dans la communauté. Soulignons, par exemple, la recherche-action sur La Déclaration de la victime au Palais de justice de Montréal (1990). Fruit d’une étroite collaboration avec les ministères de la Justice du Canada et du Québec, ce projet pilote révolutionnait les pratiques de l’époque et redonnait un plus grand rôle aux victimes dans les procédures pénales.

La question de l’indemnisation figure aussi parmi les problématiques qui ont retenu l’attention de l’Association. Au cours des deux dernières décennies, une collaboration fructueuse s’est établie avec la direction et les intervenants de l’IVAC. Les journées d’étude et les rencontres avec les organismes sur le terrain ont permis de cibler des solutions afin d’améliorer l’accessibilité au régime et la prestation des services aux victimes. Même si la Loi sur l’indemnisation des victimes d’actes criminels demeure inchangée depuis 1971, il n’en demeure pas moins que des modifications ont été apportées afin que les victimes soient mieux informées, accueillies et soutenues dans leurs démarches.

Ces initiatives sont le fruit d’une étroite collaboration avec un vaste réseau de partenaires qui ont su donner à l’Association le souffle et le dynamisme nécessaires pour se lancer dans des projets où, très souvent, les ressources faisaient défaut. L’organisation du Xe Symposium international de victimologie, Au-delà des frontières: Recherche et action pour le troisième millénaire (2000), en est un bon exemple. Cet événement a réuni près de 1 300 participants en provenance d’une soixantaine de pays et sa réussite témoigne de la crédibilité et de la vitalité de l’Association, de sa capacité à mobiliser les intervenants et chercheurs de divers horizons autour de questions et d’enjeux qui doivent continuer de retenir notre attention et de susciter notre engagement.

Plus récemment, le travail en partenariat avec l'Association de Montréal pour la déficience intellectuelle (AMDI) et l'Association québécoise pour l'intégration sociale (AQIS) a eu plusieurs retombées: journées d'étude, mise en place d'une Table de concertation pour l'accueil et le traitement au sein du système judiciaire des personnes ayant une déficience intellectuelle et diffusion du document Un processus de concertation régional: Pour une justice en équilibre (2002). ce projet témoigne de l'engagement de Plaidoyer-Victimes dans un domaine où peu d'attention est accordée aux besoins de personnes parmi les plus vulnérables de notre société.

Plaidoyer-Victimes a été activement impliquée dans la création du Réseau québécois pour contrer l'abus envers les aînés et du Réseau Internet Francophone Vieillir en Liberté. Le travail en partenariat a d'ailleurs débouché en 2005 sur l'édition d'un Bulletin INFO PV consacré à la victimisation des personnes aînées et en 2006 sur la tenue du Séminaire de pratiques d'intervention auprès des personnes aînés vulnérables.

L'Association siège également sur la Table de concertation sur les agressions à caractère sexuel de Montréal et sur la Table de concertation en violence conjugale de Montréal.

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Favoriser la mise en commun des expertises et des savoirs en victimologie

L’Association est un lieu d’échanges et de ressourcement pour des centaines de praticiens et intervenants. La maltraitance des enfants, le harcèlement psychologique et la violence au travail, le traitement des victimes dans les médias, l’abus et la négligence envers les personnes aînées, les besoins des victimes face aux services correctionnels et leur traitement dans le système judiciaire sont autant de problématiques qui l'ont alimentée et l'alimentent toujours.

Préoccupée par la formation des intervenants, l'Association a mis de l'avant plusieurs initiatives. On lui doit notamment l'organisation de cinq colloques provinciaux consacrés à l'aide aux victimes d'actes criminels (1986, 1989, 1996, 2004 et 2009). Au cours des 25 dernières années, elle a offert, de façon ponctuelle, des activités de formation aux intervenants oeuvrant de près ou de loin auprès des victimes. En 2005, pour répondre aux besoins des intervenants et dans un souci d'accroître les connaissances et d'améliorer les pratiques, elle a développé un programme continu de formations offertes tant à Montréal qu'en région.

Ses publications permettent de sensibiliser et d'outiller les intervenants sociojudiciaires qui répondent quotidiennement aux demandes des victimes et des témoins. Le manuel Introduction à l'intervention auprès des victimes d'actes criminels, la revue semestrielle Les Cahiers de PV - Antenne sur la victimologie, le bulletin électronique L'INFO PV et les actes des colloques qu'elle a organisés sont autant d'outils qui bénéficient d'une large diffusion au Québec et au Canada.

Par ses recherches, Plaidoyer-Victimes a favorisé le développement des connaissances en victimologie. Qui plus est, en représentant les victimes d'actes criminels auprès de ceux qui élaborent les lois et définissent les politiques et les programmes, elle a fourni des pistes tangibles en vue d'améliorer la situation des victimes et la qualité des services qui leur sont offerts.

Ces diverses activités permettent aussi de mettre en valeur l’expertise qui s’est développée au Québec et au Canada et ce, tant au plan de la recherche que sur le terrain. Elles se veulent aussi une occasion de mieux comprendre l’expérience de la victimisation criminelle dans ses multiples facettes et d’encourager les personnes et les organismes à agir dans un plus grand respect de leurs droits et besoins.

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